Le comptoir mm de la nouvelle entreprise de Malakoff Médéric décrypte les arrêts maladie

La durée moyenne des arrêts longs (supérieurs à 30 jours) a augmenté de 10 % entre 2012 et 2016, impactant fortement le coût des indemnités journalières. 23 % des arrêts prescrits en 2018 n’ont pourtant pas été respectés. Même si la cause des arrêts est multifactorielle, on note que 61 % des arrêts maladie sont liés à un motif non professionnel.

Assureur en santé et prévoyance de plus de 200 000 entreprises en France, Malakoff Médéric analyse depuis 10 ans l’évolution de la santé et du bien-être des salariés et leur impact sur la performance des entreprises. Les résultats de ces études sont disponibles sur Le Comptoir mm de la nouvelle entreprise créé par le Groupe pour décrypter les enjeux liés au développement du capital humain et proposer aux entreprises des pistes d’action.

D’où viennent les arrêts maladie ?

La prévalence, la fréquence et la durée moyenne des arrêts maladie sont stables, hormis pour les arrêts longs (supérieurs à 30 jours) dont la durée moyenne augmente fortement.

Selon les salariés interrogés, moins de la moitié des arrêts maladie (39 %) est liée au contexte professionnel : seuls 9 % des arrêts maladie sont liés à un contexte exclusivement professionnel, et 30 % sont liés à un contexte à la fois professionnel et non professionnel. 61 % des arrêts trouvent leur origine dans la sphère personnelle exclusivement.

Les arrêts maladie liés au contexte professionnel sont principalement dus à des troubles psychologiques (17 %) ou à des troubles musculo squelettiques (14 %). Les arrêts liés à un contexte non professionnel sont dus à une maladie ordinaire (39 %), des douleurs musculaires ou articulaires (16 %) ou des troubles psychologiques (12 %).

La dimension professionnelle est plus importante pour les arrêts longs. En effet, 16 % des arrêts longs sont liés à un contexte exclusivement professionnel, contre 3 % pour les arrêts courts (1 à 3 jours). Les arrêts courts, qui représentent 40 % de l’ensemble des arrêts maladie, sont prescrits à 70 % pour « maladie ordinaire », liés par conséquent au contexte personnel.

Arrêts maladie liés au context

Prescription et observance des arrêts maladie

42 % des salariés interrogés en 2018 se sont vus prescrire un arrêt maladie au cours des 12 derniers mois. Ces arrêts maladie sont en majorité prescrits par le médecin traitant (72 %), 9 % des arrêts sont prescrits par un autre médecin généraliste, et 18 % par un spécialiste.

23 % des arrêts maladie prescrits en 2018 n’ont pas été respectés (un chiffre en hausse de 4 points par rapport à 2016) : 8 % des arrêts ont été pris, mais pas en totalité, et 15 % n’ont pas été pris du tout. Cette tendance est encore plus forte chez les cadres (22 % ne prennent pas l’arrêt prescrit contre 11 % des ouvriers) et les dirigeants (48 % ne prennent pas l’arrêt prescrit contre 14 % de l’ensemble des salariés).

Cependant, près de la moitié des salariés (49 %) n’ayant pas respecté leur arrêt de travail disent le regretter a posteriori, un chiffre en hausse de 10 points depuis 2016. En effet, selon eux, ce refus a eu un impact sur leur productivité (45 %), la qualité de leur travail (38 %), ainsi que sur leur santé (29 %) avec un rallongement de la durée de la maladie (24 %) ou une rechute (22 %).

Impact des arrêts maladie sur les entreprises et la collectivité

Désorganisation, baisse d’efficacité opérationnelle, perte de productivité, tels sont les principaux impacts des arrêts courts pour les entreprises. En ce qui concerne les arrêts longs, l’impact est avant tout financier (coûts directs et indirects) : indemnités journalières, recours à des solutions de remplacement du salarié absent (intérim ou CDD), formation, coûts de gestion administrative...

Selon la Cnamts, le coût des indemnités journalières est de plus en plus élevé et augmente régulièrement depuis 2009. Il atteignait 7 123 millions d’euros en 2016[1] . Comme le montre l’étude Malakoff Médéric, cette hausse s’explique d’une part, par l’augmentation globale de la durée moyenne des arrêts de plus de 30 jours pour toutes les tranches d’âge (+10 % entre 2012 et 2016), et, d’autre part, par la surreprésentation des salariés de plus de 50 ans (42,7 % en 2016 contre 34,8 % en 2012) dont la rémunération, en fin de carrière, est plus élevée.

Pour le salarié, l’arrêt long est assorti d’un risque de désinsertion professionnelle : des études montrent que plus de la moitié des personnes arrêtées plus de 6 mois ne reprennent pas d’activité professionnelle. L’étude Malakoff Médéric montre par ailleurs que le retour en entreprise suite à un arrêt maladie ne s’est pas bien déroulé pour un salarié sur huit, notamment pour les personnes s’étant vues prescrire au moins trois arrêts au cours des 12 derniers mois (24 %). D’où l’importance d’anticiper et d’accompagner le retour à l’emploi.

Comment agir pour prévenir et maîtriser les arrêts maladie ?

L’absentéisme est un sujet de préoccupation pour plus de la moitié des dirigeants (56 %).
97 % des dirigeants font de la prévention de l’absentéisme un enjeu de performance pour l’entreprise, et 88 % estiment que le sujet doit être partagé avec les managers, les salariés et les syndicats.

La maîtrise durable de l’absentéisme est un enjeu collectif qui doit mobiliser l’ensemble des parties prenantes (professionnels de santé, Assurance Maladie, complémentaires santé, entreprises, salariés…) dans leur sphère de responsabilité et dans la compréhension de celle des autres. Agir sur l’absentéisme nécessite également une prise en charge globale du sujet : une action menée à chaque étape du processus (avant, pendant et après l’arrêt maladie), ainsi qu’une prise en compte des déterminants émanant tant de la sphère professionnelle que de la sphère personnelle (organisation et conditions de travail, hygiène de vie, état de santé…).

Pour agir efficacement et durablement, l’entreprise doit distinguer les arrêts maladie courts des arrêts longs. Pour maîtriser les arrêts courts, l’entreprise peut agir à travers la mise en place de dispositifs de prévention santé et d’une démarche Qualité de Vie au Travail (QVT) structurée. Selon l’étude de Malakoff Médéric, 39 % des dirigeants qui proposent le télétravail considèrent que ce dernier peut faire baisser l’absentéisme (58 % des dirigeants dans les entreprises de plus de 250 salariés).

Pour prévenir et maîtriser les arrêts longs, l’entreprise dispose de plusieurs leviers :

  • Dispositifs de prévention des risques professionnels (risques psycho-sociaux, troubles musculo squelettiques…) ;

  • Dispositif de prévention santé (hygiène de vie, e-coaching santé…) et de dépistage ;

  • Mise en place d’une politique de qualité de vie au travail globale (conditions et organisation du travail, pratiques managériales, …) ;

  • Accompagnement des salariés en situation de fragilités : salariés aidants (19 % des salariés en 2018), familles monoparentales, salariés en situation de handicap …

  • Accompagnement du retour à l’emploi afin d’éviter la désinsertion professionnelle ;

  • Maintien dans l’emploi de seniors : adaptation des conditions et temps de travail, tutorat, mentorat, gestion des âges, GPEC…

Pour accompagner les entreprises face à une problématique perçue à juste titre comme complexe, Malakoff Médéric développe un programme global de lutte contre l’absentéisme et d’accompagnement du retour à l’emploi. Ce dispositif, animé par une équipe de consultants spécialisés, permet de diagnostiquer l’absentéisme maladie au sein d’une entreprise, de le comparer aux entreprises de taille et de secteur équivalents[2] pour identifier des leviers d’action et mettre en œuvre des dispositifs de prévention santé et d’accompagnement du retour à l’emploi[3]. La construction de cette expertise s’appuie sur des partenariats académiques et scientifiques menés notamment avec le Conservatoire national des arts et métiers.

Les résultats de ce programme sont probants. Une étude statistique, réalisée sur 4 ans auprès des entreprises de plus de 50 salariés clientes de Malakoff Médéric qui utilisent ces services, montre que les arrêts de travail (nombre de jours moyen d’arrêt maladie par salarié) ont diminué de 13 %, alors qu’ils ont augmenté de 15 % dans les entreprises comparables en termes de secteur d’activité et de caractéristiques sociodémographiques, qui n’ont pas mis en place de démarche particulière[4].

 

Sources des données Malakoff Médéric :

  • Etude de perception Ifop pour Malakoff Médéric menée auprès de 2010 salariés du secteur privé – Recueil par Internet - Mai 2018

  • Baromètre Santé et qualité de vie au travail 2018, Malakoff Médéric / Sociovision-IFOP menée auprès de 3 500 salariés du secteur privé

  • Analyse statistique des DADS (Déclaration annuelle des données sociales) des entreprises clientes de Malakoff Médéric (61 000 entreprises et de 2 millions de salariés) de 2012 à 2016

[1] Source Cnamts 

[2] Tableau de bord Absentéisme,  Simulateur absentéisme, Calculateur de coûts, Baromètre santé et bien-être au travail

[3] Dispositifs spécifiques de dépistage et de prévention, application coaching santé personnalisée, programme d’accompagnement du retour à l’emploi après une absence de longue durée …

[4] Travaux statistiques réalisés entre 2011 et 2016 par Malakoff Médéric et la chaire Cnam Malakoff Médéric Entreprises et santé : impact et retour sur investissement de la mise en place des services Malakoff Médéric, facteurs prédictifs de l’arrêt maladie, (base 400 entreprises comparées à 1400)